14.04.2008

Les échassiers

Les échasses (tchanques en Gascon) ont constitué, des siècles durant, le moyen de locomotion idéal dans la lande girondine. Mais, si elles décuplent la vitesse de l'utilisateur, elles exigent de sa part une belle agilité. De quoi, en tout cas, inspirer les amateurs d'exploits sportifs.

La Petite Gironde, ancêtre du quotidien Sud-Ouest, fut, à la Belle Epoque, un des premiers sponsors de courses d'échassiers et elle ne manquait pas d'en relater les performances dans ses colonnes. Ainsi, en 1892, un dénommé Pierre Deycart âgé de 32 ans, bûcheron, couvrit la distance Bordeaux-Biarritz aller et retour (485 km au total) en moins de 5 jours, 103 heures 36 minutes exactement. Soit une moyenne de 5 km/heure.

Si certaines épreuves étaient réservées aux femmes, comme la célèbre course Bordeaux-Cérons, les échasses eurent aussi leurs champions solitaires. Sylvain Dornon fut sans doute le plus illustre qui, après avoir escaladé, avec ses échasses, deux étages de la tour Eiffel, rallia en 58 jours, Paris-Moscou, toujours perché.

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Il est difficile de dire exactement depuis quelle époque les échasses ont été utilisées par les Landais. De tout temps, les hommes ont essayé de se surélever afin d'échapper à l'humidité (bergers, résiniers, facteurs...)

Ont peut quand même situer les échasses vers 1627. Les Flamands qui sont venus assainir les landes bordelaises, entre 1607 et 1627, utilisaient des échasses non fixées aux jambes.

En 1714, des écrits, des dessins et des gravures apportent la preuve que les Landais utilisaient couramment des échasses. En 1745, 300 échassiers ont salué et escorté l'infante Marie-Thérèse, venant d'Espagne, qui traversait les Landes pour aller épouser le Dauphin de France. En 1808, ce fut l'Impératrice Joséphine, qui fut escortée jusqu'à Bayonne par un groupe d'échassiers. En 1857, Napoléon III, à son tour, fut accueilli à Labouheyre par une haie d'honneur d'échassiers et escorté jusqu'à Solférino.

Vers 1850, on assainit les Landes en plantant des pins et en creusant des fossés. Les troupeaux disparurent presque totalement et leurs bergers sur échasses aussi. A partir de cette époque, petit à petit, la pratique des échasses s'estompa au point de vue utilitaire et devint folklorique au fil des ans.

Avant la guerre de 1939, les premiers groupes d'échassiers landais furent créés à Brocas-les-Forges et à Meilhan. Après la guerre, les groupes se développèrent à Morcenx, Paris, Soustons, en France et à l'étranger (les Landais de Casablanca.)

Description :

Autrefois, la hauteur des échasses variait de 0,80 m à 1,30 m (pour les courses) au-dessous du pied. En 1968, l'Amicale des Groupes Folkloriques Landais a fixé la hauteur des échasses à 1,10 mètres. L'échasse se compose de 4 parties : la jambe, le sabot, le tampon et la fixation.

La jambe "tchanque" est taillée dans un bois léger afin de ne pas alourdir la marche : le pin, (bois majoritaire dans les Landes) le vergne, le hêtre, le chêne et le peuplier appelé aussi carolin. Elles sont fabriquées le plus souvent en carolin, bois dur, léger et inusable afin de ne peser que 1 kg 500 environ.

La hauteur de l'échasse est de 1,10 m du sol au sabot et d'environ 50 cm du sapot au genou (variable selon la hauteur de la jambe de l'échassier.) Son épaisseur est de 3,5 cm au sol et de 6 cm au genou. L'intérieur de l'échasse du sabot au genou est plat afin de tenir plaqué contre la jambe. L'extérieur est bombé.

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Quand j'étais enfant, mon père m'avait confectionné des échasses d'environ 30 cm de hauteur, toutes simples à tenir à la main. Je me suis beaucoup amusée avec ces échasses à me promener autour de la maison. C'étaient les jeux que nous avions à l'époque. Point de PLAY STATION, d'ordinateur ou de jeux achetés chers comme aujourd'hui. Nous faisions avec trois fois rien. Un cerceau à d'autres fois ou des buchettes de bois ou d'autres jours, les boîtes à boutons à trier par catégorie. Les choses ont bien changé avec aujourd'hui où il n'y a rien de trop beau pour ces chers petits qui s'ennuient parce qu'ils en ont trop.

23.11.2007

croyances, superstitions (suite)

A propos de la superstition qui consiste à ne pas passer sous une échelle (qu'Henri m'a signalé) si beaucoup évitent de passer dessous justement, cela pourrait être pour ne pas recevoir sur la figure le sceau de peinture qui y est accroché. Cela avait en fait un tout autre sens chez les Egyptiens et les Chrétiens.

Je me souviens très bien que, dans mon enfance, un jour, des cousins étaient venus chez mes parents et avaient porté des médailles "main de fatma" qui, paraît-il, portait bonheur. Le père était militaire à Oran et il venait chaque été en vacances avec sa famille. J'avais accroché cette "main" à mon pull à l'aide d'une épingle à nourrice. Or, au lieu de me porter bonheur, je constatais vite que ce jour-là il ne m'arriva que des ennuis. Pas graves, mais embêtants. Pas convaincue, je la décrochais de ce pull et la rangeais dans une boîte où elle resta.

TREIZE :

Ce chiffre est très controversé. Les vendredis treize, par exemple, sont très courus des joueurs de loto et de tous jeux susceptibles de rapporter quelques gains. Moi je ne le crains pas. J'ai eu une adresse à Paris qui était au "treize". J'ai une adresse à Puyvalador qui est encore un "treize." Je ne peux pas dire que ce soit parfait d'habiter un treize mais ce n'est pas pire qu'un autre numéro.

Pourtant, parmi les superstitions, sans doute la plus répandue et la plus persistante, dans le monde occidental, la crainte du chiffre treize : de nombreuses rues n'ont pas de chiffre treize, les compagnies d'aviation ont supprimé le treizième rang dans leurs avions, les gratte-ciel américains passent souvent du douzième au quatorzième étage.

On croit souvent que la phobie du chiffre treize remonte à la Cène, ce légendaire repas de treize personnes ou Judas trahit Jésus. Il en est resté l'idée que si l'on dîne à treize, l'un des assistants meurt dans l'année. Il y a aussi d'autres explications très différentes.

Donc ce treize est paradoxalement comme un chiffre porte-bonheur. En témoigne le dollar américain dont toute la symbolique repose sur le treize : les treize degrés de la pyramide qui y figure, les treize feuilles, les treize baies et les treize flèches entourant l'aigle, lui-même surplombé de treize étoiles.

Nombre d'autres sont en vigueur :

-- Toucher du bois,
-- trouver un trèfle à quatre feuilles,

sont des porte-bonheurs.

Par contre :

-- Renverser du sel,
-- Briser un miroir,
-- Croiser des couverts de table,

sont tout le contraire.

A vous de m'en citer d'autres si vous en connaissez...

Une chose curieuse que je connais : les comédiens Français n'aiment pas le vert.
Mais si l'on va en Espagne, c'est le jaune que les comédiens n'aiment pas.

Peut-être y a-t-il d'autres couleurs dans d'autres pays craintes par les comédiens de ces pays ?

Dites-moi, cela m'intéresse...

22.11.2007

Croyances, superstitions

Chez nous, à la fin du XIXème siècle, on croyait encore qu'une poule qui chantait comme un coq faisait mourir le maître des lieux, à moins que l'on ne tue immédiatement la volaille.

Dans le même ordre d'idée, il ne fallait jamais brûler un joug d'attelage, ou une charrue, sous peine de voir le maître subir le même sort avec d'atroces souffrances. Il fallait plutôt les laisser pourrir dans le fossé.

Surtout, ne pas poser un pain ou un morceau de pain sur la partie striée, ne pas mettre les couteaux et fourchettes en croix sur la table, ne pas ouvrir un parapluie à l'intérieur d'une maison etc. sinon malheur à vous !

De même rencontrer un chat noir, entendre un chien hurler à la mort la nuit, par contre il est de très bon augure de croiser des perdrix rouges ou grises sur le chemin (je suis sûre que vous en croisez beaucoup...)

Méfions-nous des corbeaux, surtout s'ils sont là immobiles à nous regarder venir...

Pour les pies, il faut savoir compter : une pie porte malheur, deux portent bonheur...

La chouette, quand on l'entendait chanter dans les alentours d'une maison, annonçait la mort, plus souvent la mort d'une femme. On la surnommait dans certains terroirs : "L'oiseau de mort."

Les paysans de jadis avaient pour coutume de tuer des pies et de les pendre dans les étables pour porter bonheur au bétail. Mais par contre, il ne fallait jamais enlever les toiles d'araignées au plafond des écuries, elles protègeaient les bêtes de la maladie.

C'est sans doute pourquoi, quand j'étais jeune, que j'allais chercher le lait à la ferme, je voyais les écuries recouvertes de toiles d'araignées dans tous les coins et j'aimais bien ça. Mais aussi je ne me souviens pas avoir vu les vaches malades. Comme quoi, la super propreté, les grands nettoyages, la stérilisation peuvent rendre malade. Il faut un juste milieu à tout.