01.05.2008

Femme, tu ne forniqueras point !

D'après : A. CARMONA, C. GONZALEZ et B. MICHEL
N° 911 de Courrier International du 17 au 23.04.08

"LA NACION" Santiago (Chili)

Le député José Antonio Kast, père de huit enfants (U.D.I. droite, dont le frère était proche de Pinochet) voulait empêcher le gouvernement d'autoriser la pilule du lendemain aux jeunes filles de plus de 14 ans avec ou sans le consentement de leurs parents.

Il est parvenu à faire casser le décret de la présidente Michèle Bachelet. Résultat, aucune femme qui demandera cette pilule dans une consultation du secteur public ne pourra désormais l'obtenir. Cette pilule sera quand même en vente dans des endroits huppés accessibles seulement par les personnes aisées.

Cette décision ramène le Chili au niveau de l'Iran, l'Ouganda, le Costa Rica, les Philipines ou l'Equateur où le contraceptif d'urgence est interdit.

Mais l'objectif était aussi d'interdire la distribution du stérilet utilisé par 42,8% des chiliennes.

Certains députés se plaignent de n'avoir eu connaissance que par la presse de la totalité du contenu de la requête qu'ils ont signée. Ils ne savaient pas qu'il était aussi question du stérilet.

Il est maintenant impossible de revenir en arrière et tous les députés signataires sont responsables du cours qu'ont pris les politiques de la natalité au Chili. Les trois cinquièmes de la population la plus pauvre n'ont pas accés au secteur privé. C'est 1,9 millions de femmes qui vont être interdites de contraception.

Même si la décision du tribunal ne peut être révoquée en appel, certains pensent qu'elle risque d'avoir un effet boomerang sur le terrain politique.

-- Pour plus d'informations sur ce sujet, lire le n° 911 du Courrier International.

25.04.2008

L'éternel féminin

medium_féminin.jpg

Louis-Maurice Boutet de Monvel, la leçon avant le sabbat

En 1870, le Parlement anglais promulgait un acte qui peut aujourd'hui paraître hilarant :

"Toutes les femmes, de quelque âge, rang ou profession qu'elles soient, jeunes filles, épouses ou veuves qui, à dater de ce jour, auront abusé, séduit et conduit au mariage l'un des sujets de sa Majesté, au moyen d'eaux de senteurs, de peintures, de lotions cosmétiques, de dents artificielles, de faux cheveux, de laines d'Espagne, de corsets rigides, de cerceaux, de hauts talons et de tournures, tomberont sous le coup de la loi qui punit les sorcières et les femmes de mauvaise vie. Et sur ces preuves, leur mariage sera déclaré nul et non avenu."

Mais les femmes fardées n'ont pas toujours autant inquiété les esprits masculins. Dans l'Egypte antique, les parfums, les produits de beauté et les soins du corps avaient d'abord un usage rituel. Ils servaient aux cérémonies religieuses comme la toilette des statues des divinités. Et d'ailleurs, le commun des mortels se maquillait pour ressembler à ces dieux. Au Moyen Age, il en fut tout autrement : la femme qui se fardait était forcément une créature diabolique, une présomptueuse prétendant améliorer l'apparence que le Créateur lui avait donnée. Pour cela elle fut, pendant des siècles, fustigée par les prédicateurs en chaire.

pris dans "L'éterne féminin" Une histoire du corps intime écrit par Béatrice Fontanel au Seuil
dépôt légal : octobre 2001