17.10.2007

Les cagots

Hier j'ai parlé des Landes dans ce texte de "la cabane." Aujourd'hui je vais vous conter un peu l'histoire des "cagots" ces réprouvés des siècles passés.

Ces informations ont été relevées dans le livre de Madeleine MANSIET-BERTHAUD : le gardien des sables

Au XVIème siècle, Ambroise Paré avait écrit : "Dans la main d'un cagot, une pomme se dessèche aussi vite en une heure qu'elle ne le ferait en huit jours d'exposition au soleil." Un siècle après ce propos, ce préjugé marquait toujours la pensée du peuple.

Dans tout le bassin aquitain, les cagots exerçaient les métiers du bois. Etant notamment d'habiles charpentiers, ils étaient recrutés pour construire les plus beaux lieux de culte. Une fois l'édifice achevé, on condamnait l'accès de ces lieux à cette communauté de réprouvés, les obligeant à se tenir sous le porche pour prendre part aux offices religieux. Des années de lutte furent nécessaires de la part du haut clergé pour obtenir le droit de pénétrer dans ces lieux de prière. Encore étaient-ils tenus de rester groupés au fond de l'église et de n'y entrer que par une porte basse, ce qui les obligeait à baisser la tête. Ils avaient aussi leur bénitier afin d'éviter tout contact physique avec la population dite "saine."

Ils ne pouvaient se marier qu'entre eux. Etant considérés comme des êtres inférieurs, ils n'avaient pas droit à une messe. Seulement une bénédiction hâtive.

Que reprochait-on à ces gens ?

D'être les descendants de ces hordes qui, en un temps, déferlèrent sur l'Aquitaine, atteints de cette terrible maladie qu'est la lèpre ? Rien ne le prouvait, aucun d'eux ne présentant plus les signes d'une contamination qui n'aurait pu passer inaperçue. Mais la peur du mal était bien plus forte que la charité chrétienne. L'aspect sournois de la maladie, ses manifestations, effrayaient une population qui n'avait, pour s'en défendre, que ses prières. Pourtant, les landais d'origine n'étaient pas exempts de maux qui frappaient les plus affaiblis par une nourriture frugale. Ainsi la pellagre qui vous dessaichait un homme et le conduisait au tombeau aussi sûrement et plus rapidement que la lèpre dont on n'avait depuis longtemps recensé aucun cas.

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Le chant du dernier berger

Un chant très doux ce soir monte vers le village,
Et va gagner bientôt sa paisible harmonie ;
Je crois que les grands bois ont délégué leur mage,
Pour lancer le refrain de sa lente agonie...

Photo et poème ont été puisés dans le livre de Jean-André JEANNIN : Songes sur la Lande

14.10.2007

Présidents de la IIIème république

Emile LOUBET

Il fut élu 7ème président de la IIIème république le 18 février 1899. Etant né en 1838 à Marsannes dans la Drôme, cela lui faisait 61 ans. Il était fils de cultivateurs et avait porté la robe d'avocat avant d'aborder la carrière politique. Il fut tour à tour ministre des travaux publics, président du Conseil puis président du Sénat.

Cet homme aimable, bienveillant, débonnaire, avec ses yeux bleux et sa barbiche blanche, fut hué, insulté, honni lors de son élection. Les républicains qui l'avaient élu étant en majorité dreyfusards, l'opinion en concluait qu'il l'était lui aussi. Cela lui valut la haine des royalistes et des nationalistes. Emile Loubet protesta de façon prudente contre ce raisonnement simpliste : "Personne n'a le droit de dire que je suis dreyfusard ou anti-dreyfusard. Je suis avec la majorité de la nation pour la vérité."

Emile Loubet fut traîté de malhonnête, d'incapable, de misérable, de figure de pleutre. L'opposition espérait qu'ainsi maltraité il donnerait sa démission. C'était mal le connaître : "On a parlé de ma bonté, dit-il, j'étonnerai par ma force."

On craîgnit un attentat s'il allait aux obsèques de Félix Faure. Il n'y en eut pas ce jour-là mais, par contre, ce fut aux courses d'Auteuil qu'un royaliste déchaîné, le baron Cristiani lui donna un coup de canne. Seul son haut de forme fut écrasé.

Emile Loubet conquit le coeur des Français par sa gentillesse, sa tolérance, sa dignité et son courage et finit par apaiser les acrimonies. Mme Loubet était "regardante" comme l'avait été avant elle Mesdames Thiers et Grévy. Elle serrait les cordons de sa bourse et ceux de son corset. Les chansonniers ironisaient :

- Attends qu'ils soient au quai d'Orsay,
- Pour dire la phrase suivante :
- J'va pouvoir enlever mon corset,
- Ah, Mon Dieu, que j'suis contente !

M. et Mme Loubet manquait un peu d'éducation vis à vis des têtes couronnées. Elle demanda un soir à Edouard VII, en visite chez eux, des nouvelles de son fils le petit prince de Galles : "Et ce grand garçon, que comptez-vous en faire plus tard ?" Quant à lui, Emile, il refusa une tasse de thé que lui offrait l'impératrice douairière à Saint-Pétersboug, manquant de très peu de créer un incident diplomatique.

Emile Loubet signa, à son corps défendant, la séparation de l'église et de l'état, la rupture des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, la fermeture de centaines d'écoles de congrégations. C'était l'oeuvre d'un autre Emile, Combes. Il signa malgré les pleurs de sa femme : "On déshonore mon mari." Dit-elle ! Après cela, des scènes pénibles ou scandaleuses se déroulèrent chaque jour. Même les non-pratiquants éprouvèrent un sentiment de malaise devant cette volonté de destructions manifestée par le Gouvernement.

Quand vint la fin de son septennat, le président ne voulut pas renouveler son mandat. Le ménage Loubet partit à la date prévue en emportant, dit-on, quelques boutons de portes...

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17.09.2007

Félix FAURE

Elu le 17 janvier 1895 - 16 février 1899

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Lui non plus ne désirait pas être élu Président de la République : "Jamais ! Jamais !" dit-il. Mais il se "sacrifia" et se laissa élire 6ème président de la IIIème République à cinquante cinq ans. Il avait été tanneur, commerçant puis était entré en politique, élu député. Elu président, il ne toléra plus le tutoiement même de ses vieux amis. Dans l'intimité aussi, il dînait en habit.

Derrière ces apparences mondaines, il était profondément humain, bon avec ses subordonnés, soucieux du sort des humbles. Tout comme un président tout proche de nous, sa fille Lucie joua un rôle prépondérant à l'Elysée.

L'événement majeur de son septennat fut la visite en France, en 1896, du tsar Nicolas II. Félix Faure rendit sa visite au tsar l'année suivante et, par sa simplicité de bon aloi, il réussit à séduire la vieille aristocratie russe, pourtant prévenue contre lui.

Un si bel homme à ce haut poste exerçait une grande fascination sur les femmes. Il "recevait de 5 à 7" dans le salon d'Argent. Ce jour-là, Mme STEINHEIL entra à 5 heures. Juste un peu avant qu'il ait son grave malaise. Lorsque l'abbé appelé arriva à son chevet, il demanda au domestique qui l'accompagnait :

"- Le président a-t-il encore sa connaissance ?
- Non, elle est sortie par la porte de derrière."

Et il mourut quelques heures plus tard ce 16 février 1899, à peine plus de quatre ans après son élection.

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P.S. (1) : Mme Steinheil était vouée au scandale. En effet, accusée d'avoir empoisonné son mari, elle alla devant les Assises où elle fut acquittée faute de preuves.

P.S. (2) : Après le départ de Mme Steinheil, on prévint Mme FAURE qui descendit de ses appartements. Quand elle vit son mari étendu sur un matelas dans son bureau, elle s'exclama : "C'était un si bon mari."

15.09.2007

Casimir PERIER

Elu le 27 juin 1894, démissionnaire le 15 janvier 1895 (à peine 7 mois)

Il y a peu à dire sur cet homme élu contre son gré et qui eut une crise de larmes à son élection : "Je ne suis pas l'homme de cette magistrature impossible. Je suis une force de la République qui s'évanouira à l'Elysée." Il ajouta : "Je suis un prisonnier." Pourquoi alors se laissa-t-il élire ? Tout simplement parce que sa mère et sa femme l'avaient poussé à accepter.

Dugué prophétisa : "Avant six mois la démission ou la dissolution." Il ne se trompa pas de beaucoup !

Dès sa prise de position, il fut très violemment attaqué par la presse et des incidents éclatèrent avec les ministres. Complètement dépourvu de moyens d'actions, subissant les insultes, le 16 janvier 1895, soit à peine sept mois après son élection, Casimir Périer adressa un nouveau message aux Chambres : "Je ne me résigne pas à comparer le poids de mes responsabilités morales et l'impuissance à laquelle je suis condamné." C'était sa démission.

Le souvenir de ce court passage à l'Elysée lui fut pénible longtemps.

C'est pendant son court passage, en septembre 1894, que Dreyfus est arrêté, soupçonné d'espionnage. En décembre eut lieu son procés et sa condamnation.

14.09.2007

Sadi CARNOT

Sadi CARNOT

Elu le 3 décembre 1887 jusqu'au 24 juin 1894 où il est assassiné

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Personne ne le connaissait. A cause de son prénom : Sadi, donné par son grand-père qui admirait le poète oriental : Sâdi, on le prenait pour un poète persan. D'autant plus que tout était noir chez cet homme : ses yeux, ses cheveux et sa barbe, mais aussi son gilet et sa redingote. C'était un homme intègre et consciencieux, très actif dans son alerte cinquantaine.

D'une grande sérénité, il résista aux bourrasques de Panama et du boulangisme et parvint à inspirer aux Français un amical respect.

Il fit installer l'électricité à l'Elysée. Sa femme et lui relevèrent le prestige de l'Elysée en recevant beaucoup. Pour cela, ils n'hésitèrent pas à prélever sur leur fortune personnelle.

Un mouvement redoutable d'hommes : les anarchistes, tendait à imposer sa loi. Ces hommes en casquette, farouches, haineux, résolus, levés des couches pauvres de la société, ne parlaient que d'anéantir "la propriété." L'anarchiste Vaillant fut condamné à mort pour avoir jeté une bombe en plein Palais Bourbon. Sadi Carnot refusa de sauver sa tête tout en sachant qu'ainsi, il s'exposait aux représailles des anarchistes.

Six mois après que Vaillant ait été guillotiné, un jeune illuminé de vingt ans : Santo Caserio, poignarda le Président en déplacement à Lyon, le 24 juin 1894.

Son mandat avait duré six ans et sept mois.

13.09.2007

Jules GREVY

Jules GREVY

élu le 30 janvier 1879 effectue un mandat puis démissionne le 12 décembre 1887.

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Il est élu une heure après la démission de Mac-Mahon. Un vrai républicain pensent les parisiens. Un homme de 72 ans, collier de barbe, redingote noire et air austère, imperturbable, impénétrable, rêvant d'un gouvernement administrant une France tranquille, ce qui était beaucoup présumer d'un des peubles les plus turbulents du monde. Cette façade grave et compassée dissimulait vanité et mesquinerie qui ne négligeait pas les petits profits de la sinécure élyséenne et il empochait froidement "les indemnités de représentation sans représenter" et "les frais de voyages sans voyager" ces revenus lui permettant de s'acheter de l'immobilier de rapport.

Les Grévy recevaient peu et, quand ils recevaient, les invités mouraient de faim. Ils économisèrent tant et si bien que Jules Grévy fut le seul Président à s'être enrichi où beaucoup s'étaient ruinés.

De plus, il avait un gendre : Daniel Wilson, homme louche et malhonnête qui faisait faire des remises de peines capitales moyennant finances. Son beau-père graciait beaucoup au point qu'on le surnommait : "Le père Gratias." La meilleure affaire de Daniel Wilson fut le trafic de décorations. Le scandale fut énorme. Le journal "Le Gaulois" publia en première page cette annonce :

- "A céder, après fortune faite, fonds de Président de la République, dans quartier riche."

Jules Grévy, âgé de 80 ans, eut du mal à quitter son poste. Il s'y accrocha désespérément. Mais il fut contraint de démissionner. Il meurt trois ans plus tard dans l'indifférence totale.

12.09.2007

Patrice de MAC-MAHON

Patrice de MAC-MAHON

2ème Président de la IIIème République

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Adolphe THIERS lui avait confié : "La Présidence est un enfer, et vous, cher Maréchal, n'y entrez pas." Il y entra.

Il s'était illustré durant la guerre de Crimée. Ayant pris d'assaut la Tour Malakoff, son Chef lui demanda de quitter cette tour qui était minée. Il ne la quitta pas et prononça le fameux : "J'y suis, j'y reste !"

C'est à partir de 1874 que naît l'Impressionnisme. Un café de l'avenue de Clichy est leur rendez-vous. Il y a là, autour de Monet et de leur fidèle défenseur : Emile Zola, Cézanne, Renoir, Bazille, Sisley, rejoints plus tard par Degas et Pissarro.

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Est élu le 24 mai 1973 jusqu'au 30 janvier 1879 où il démissionne.

Conte de Mac-Mahon, Prince de Solférino, Duc de Magenta, Il nait en 1808 au château de Sully. Il est fait Maréchal de France par Napoléon III.

Malgré ses convictions monarchistes, il s'appliqua à rester fidèle à l'assemblée. En 1874, il refuse de se prêter au coup d'état que lui conseillent des émissaires plus ou moins autorisés du Conte de Chambord. Mais lorsqu'on voulut lui faire signer des mesures de disgrâce à l'encontre d'officiers, il déclara : "Je ne le satisfairai pas, je préfère me retirer, et il lut sa lettre de démission."

- "En quittant le pouvoir, j'ai la consolation de penser que , durant cinquante trois années que j'ai passées au service de mon pays, je n'ai jamais été guidé par d'autres sentiments que ceux de l'honneur et du devoir et par un dévouement absolu à ma patrie."

Dans sa retraite il présida la société des secours aux blessés militaires. Il mourut au château de la Forest dans le Loiret, le 8 octobre 1893.

10.09.2007

IIIe République

Adolphe THIERS
Elu 1er président de la IIIème République le 17 février 1871 à l'âge de 74 ans.

Il était dit de lui : "Son corps de nabot, ses lunettes et son toupet blanc."

Du temps de l'Empereur NAPOLEON III, déjà, il hantait l'Elysée accompagné de ses trois femmes. En effet, il avait épousé, en 1833, la fille âgée de quinze ans de sa maîtresse Euridice Dosne. Ces deux femmes plus la belle-soeur faisaient bien trois.

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Il avait été désigné à main levée "Chef du pouvoir exécutif de la République française." Il n'aimait pas ce titre.

- Chef ! disait-il, on va me prendre pour le cuisinier.

Cette offence sera réparée par le pacte de Bordeaux. Le 31 août de la même année, ayant juré fidélité à l'Assemblée, il sera désigné, sans qu'il y ait eu vote "Président de la République." A Versailles, il s'installa à la Préfecture.

Il échoua dans sa tentative de faire reconnaître législativement la République et donna sa démission.

05.09.2007

IIIème République

Toutes les informations que je donne sur la République Française, je les prends dans le livre :
"Histoire des Présidents" de Georges et Janine HEMERET.

Je vais tenter de continuer à raconter l'histoire de la République Française, voyant à quel point cela vous passionne. Le 4 septembre 1870, à 14 heures, Gambetta annonce la naissance de la IIIème République.

"Ce gouvernement provisoire n'est qu'un pouvoir de passage et de transition. Il n'a qu'un objet : défendre la Nation contre l'envahissement de l'étranger. Après quoi il disparaîtra, nous en prenons le solennel engagement."
A peine proclamé, le général Trochu devenait Président de ce gouvernement provisoire de la Défense Nationale. Il était chargé des pleins pouvoirs militaires.

Si hier, 4 septembre, j'ai raconté comment Gambetta avait annoncé le Gouvernement provisoire qui précéda la IIIème République, je n'ai pas parlé de Napoléon III et de sa fin. Après avoir déclaré la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870, il fut battu à Sedan le 2 septembre, fait prisonnier et obligé de capituler.

Le 15 septembre, le chef d'une des gares des environs de Paris télégraphie au ministre de l'intérieur : "Ennemis, au nombre de 10 000, se dirigent sur Joinville. La troupe se concentre dans les forts. Dans une heure, l'armée sera ici."

A cet avertissement suprême, les habitants des communes suburbaines de Paris, sollicités déjà par les avis du Gouvernement de la Défense nationale, abandonnèrent leur village, leur ferme, leur maison de campagne, pour rentrer précipitamment à Paris. Ce fut un chaos indescriptible de déménagements. La queue s'étendait au loin le long des routes ce qui augmentait la frayeur de cette malheureuse population qui se croyait sur le point d'être bousculée par les Prussiens.

03.09.2007

IIème république

Portrait de Louis Napoléon Bonaparte

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