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11.11.2008

LA FAILLITE (3-7)

          Ils sont tous pliés en deux quand ils sortent de l'étude.

-- Tu as vu le bordel qu'on lui a mis ! Oh, oh ! Ah, ah ! Hi, hi, hi ! Bien fait pour lui. Il croyait qu'il était tranquille bien à l'abri dans son étude. Eh bien ! Il saura que non. Il n'aura qu'à faire gaffe désormais, non mais des fois ! 

          Ainsi, l'affaire est réglée. Ils n'ont pas eu à cogner, pas eu à élever la voix, rien eu à faire de violent. La classe quoi ! Ils se sentent fiers de leur action si bien menée. Enzo, surtout, qui a dirigé les hommes, est content :

-- Tout est O.K. les gars. Nous sommes des chefs. Vraiment, je suis satisfait de nous tous. Quel bon groupe nous formons. Ca a été impeccable. Nous pourrions monter une affaire de recouvrement des fonds impayés à nous sept. Et pourquoi pas ? Il y a tellement de mauvais payeurs. Nous serions peut-être meilleurs et mieux que bien d'autres qui se cassent les dents dans des cas comme ceux-là. Jules, lui-même, n'a pa pu réussir partout tout seul. Même Rosa lui a servi à plusieurs reprises, hier aussi, elle nous a aidés à finaliser notre action qui aurait pu traîner et, peut-être, nous amener à avoir recours au forcing.

-- Ouais, les mecs, nous sommes les meilleurs, hurlent-ils en choeur.

-- Jules va pouvoir placer son argent sur un bon compte en banque. Cela lui permettra de voir venir, ajoute Albert. Il pourra oublier complètement qu'il a été "clochard" il n'y a pas si longtemps encore.

-- Maintenant, dit Enzo, il nous reste un dernier travail. il faut voir ce que nous allons faire pour les deux frappes. Il ne faut pas les oublier. Ils ont droit à toute notre attention eux aussi. Je ne pense pas que nous pouvons nous en coccuper cet après-midi, hein, les gars ? Qu'en pensez-vous ?

-- Moi je trouve qu'il n'est pas tard. Nous pourrions essayer d'aller chez l'un des deux. Celui qui est le plus près d'ici. S'il est là, nous aviserons. Non ? Dit l'un des gars du groupe.

-- Oui, dit Enzo. On peut faire ça. Mais ce serait de l'improvisation. Et je me méfie des choses non préparées. Car on risquerait de ne pas tout dominer et de faire des erreurs qui pourraient être graves. Ce sont des gens dangereux, n'oublions pas. Il faudrait en savoir plus sur eux avant de nous lancer comme ça. C'est mon avis. Et vous savez que mon avis en vaut deux. Il faut craindre qu'ils soient armés et je ne veux pas risquer votre vie. Nous nous réunirons de nouveau tous et nous aviserons, nous préparerons un coup, mais rien ne presse.

-- Oui Chef ! D'accord Chef !

          Ils sont rentrés chez Albert où les attendent Madeleine et Jules. Enzo a remis religieusement et avec une grande joie, le troisième chèque qu'ils ont obtenu. Il est heureux du travail accompli. Ce regroupement leur a donné l'occasion de se retrouver intimement et de renouer des relations qui, pour certains, s'étaient un peu distendues.

-- Alors Jules, dis-nous, que vas-tu faire de ton argent ?

 -- Je n'en sais rien encore. Pour l'instant je vais ouvrir un compte en banque et le placer car je n'ai pas de projet ou de désir particulier dans l'immédiat. Je verrai après.

-- Vous allez prendre le thé avant de partir, dit Madeleine. J'ai tout préparé.

-- D'accord, d'accord, et ensuite nous rentrerons, pour ma part, j'ai le prochain marché à préparer.