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05.11.2008
LA FAILLITE (3-3)
Nous voici au jour "J", jour où les sept forains qui ont dit "présent" se sont retrouvés depuis le matin très tôt chez Albert et où ils ont fait la connaissance de Jules, l'ont intronisé "des leurs", l'ont félicité de son entrée dans leur grande communauté. Puis Enzo les a fait répéter les points essentiels de son "plan."
Ils ont déjeuné ensemble, un très bon menu préparé avec amour par Madeleine. Nous voici à l'heure (moins une demi heure.) C'est donc bien le moment de partir en métro pour aller s'éparpiller devant le Palais de Justice où se trouvent actuellement l'avocat et le procureur. Une photo de chacun a été distribuée à tous les sept.
Arrivés devant le Palais de Justice, chacun prend sa place, chacun se met à son poste prêt pour le moment où les deux hommes sortiront, ils l'espèrent ensemble, ce qui faciliterait grandement leur action. Sinon, ce serait plus délicat pour la suite.
Ils sont là, aux différents endroits désignés par Enzo, habillés de noir : pantalon et chemise avec un foulard blanc, pour rappeler la robe des magistrats. Lorsque deux hommes arrivent en haut de l'escalier. chacun consulte la photo qu'il a en sa possession et fait un signe aux autres. Ce sont bien eux. Il faut les laisser descendre les marches pour agir. Ils sont en train d'échanger leurs impressions sur le procès qui vient de se terminer lorsqu'ils arrivent en bas de l'escalier. Là, sans bruit, un homme arrive vers eux, puis deux, puis les sept sont là à les entourer. Ils les encerclent de telle façon qu'ils ne peuvent s'esquiver.
Les deux hommes sont très surpris et se consultent du regard. Mais que peuvent-ils faire ? Ils sont sept autour d'eux qui les entraînent vers le parc tout proche afin de régler avec eux quelques comptes en suspens. Ils ne savent pas vraiment pourquoi ces hommes sont autour d'eux mais ils s'en doutent un peu. Ils n'ont pas oublié l'action qu'ils ont commanditée contre Jules. Aucun des forains ne pipe mot. Leur action tient pour l'instant dans le fait de les entraîner vers le parc, jusqu'à un endroit calme et sans témoins. Ils ne peuvent rien faire d'autre que de se laisser guider.
Au tréfonds de leur être, une inquiétude commence à sourdre. Ils n'avaient pas pensé que ce scénario pouvait se produire. Ils avaient pensé simplement, dans leur petite tête, que le plombier aurait compris et qu'il ne viendrait plus les importuner. Or, ils ont apparemment fait fausse route, puisque ces gens sont là autour d'eux, armés de gourdins, et ils n'auront pas la possibilité de se défendre ou de s'échapper. Ils en sont bien incapables. Ce ne sont que de simples hommes de lois qui, quand ils ne sont pas dans leur tribunal, ne sont rien. Et là, justement, ils l'ont quitté. Donc, ils sont désarmés et sans défense et ils se demandent à quelle sauce ils vont être mangés.
Albert leur demande de s'asseoir sur le banc, là, devant eux. Ils obéissent et osent à peine les regarder. Pour une fois, ils se trouvent sur le banc des accusés (c'est le cas de dire) avec, autour d'eux, sept hommes costauds et dont la mine patibulaire ne prête pas du tout à rire. Ils ont vraiment peur et sont devenus blancs, livides... Quelques-uns s'activent, autour de l'endroit où ils sont à tendre un ruban rouge et blanc sur lequel plusieurs panneaux indiquent : "Ne pas déranger, en répétition." C'est l'excellente idée qu'a eue Enzo pour être tranquille.
C'est lui qui a prévu le scénario et c'est à Albert qu'il a confié le soin d'exposer les tenants et les aboutissants de cette action. Le moment est venu de s'expliquer et d'exposer à ces messieurs (plus si fiers que ça, en tout cas, plus aussi fiers que tout à l'heure, dans leur robe noire à cravate blanche.) C'est comme s'ils étaient nus, plus rien ne les protège.
07:25 Publié dans littéraire | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



