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23.06.2008

Suite feuilleton (35)

Et le ciel s'embrasa 

Chapitre 7

     Dès qu'il eut les toiles en sa possession, Hubert prit la direction de la place d'Italie tout en pensant à Gaëlle. Depuis sa rencontre avec elle, il ne pouvait plus guère penser à autre chose ou à quelqu'un d'autre. Il était fou d'amour et ne voulait plus qu'une chose, que tout continue ainsi, longtemps.

     Assise près d'Hortense à boire une verveine, son air la rassura.

-- J'ai ramené les toiles ma chérie. Rassure-toi, elles ne m'ont rien coûté.

-- Et Jacques ?

-- Je l'ai vu dans sa maison, j'ai vu sa mère et je le plains. J'aimerais bien pouvoir faire quelque chose pour lui. Il est à l'abri dans une prison dorée où personne ne s'intéresse à lui. Il a de l'argent à sa disposition mais à part ça, le néant.

-- Cela prouve que je n'ai rien vendu puisque les achats qu'à fait Jacques sont annulés.

-- Ecoute, pour ce soir je vais manger et ensuite je rentrerai chez moi, avec toi si tu veux. J'ai eu une longue journée.

-- Restez ici cette nuit, proposa Hortense. Vous y verrez plus clair demain.

-- J'accepte votre offre avec grand plaisir. Merci !

      Quand Hubert s'éveilla, il proposa d'ouvrir la galerie le matin et après déjeuner, Gaëlle l'accompagnerait.

      Ainsi la journée s'acheva avec deux ventes, de vraies cette fois.

 

                                    *    *    *    *

 

     Le lendemain, Hubert se leva de bonne heure pour aller travailler. Tandis qu'il entendait sonner la demie de sept heures à l'église du village, il amorçait les derniers lacets de la route menant à la Trémousse. La musique jouait à plein tube à l'intérieur de sa voiture. Il chantonnait tout en battant la mesure sur le volant. Il était heureux des deux jours passés avec sa bien-aimée. Le jour n'était pas encore levé. La nuit avait été froide. Ce fut à ce moment-là qu'il aperçut une masse sombre dans le repli du virage, qui pouvait être une forme humaine.

     Bien qu'il ne roulât pas très vite, il appuya à fond sur la pédale du frein et revint à l'endroit qui avait attiré son regard d'une marche arrière vigoureuse. La route était sèche. Il gara sa voiture le plus près possible du talus et descendit. Ce fut alors qu'il reconnut la forme assise, recroquevillée sur elle-même. C'était Jacques, violet, à moitié congelé. Il constata également que c'était à cet endroit qu'il avait recueilli Gaëlle, le premier jour de son arrivée à la Trémousse. Curieuse coïncidence ! Il surnommerait cet endroit, désormais, le virage des miraculés.

     Il le fit monter dans la voiture bien chaude et repartit jusqu'à la maison de repos. Jacques n'avait pas ouvert la bouche. Il était dans un sale état. Qui sait depuis combien de temps il était assis là, à attendre dans la nuit froide, ce jeudi 2 janvier 1986, pas très couvert. Sitôt arrivé à l'infirmerie, son domaine, il commanda du café brûlant à la cuisine, fit déshabiller Jacques et le mit sous la douche qu'il régla au plus chaud qu'il soit possible de supporter. Il le frictionna le plus vigoureusement qu'il put, le faisant hurler de douleur, et le fit se rhabiller avec des vêtements chauds à lui car Jacques n'avait pris aucune rechange, pas de papiers, rien. 

     Il lui fit boire le café que la jeune femme venait de porter et attendit jusqu'à ce que le visage de Jacques reprenne une couleur normale et lui demanda de s'expliquer :

-- Je suis parti de chez mes parents pour ne plus y revenir. Jamais ! Tu as vu ma mère. Tu peux comprendre. Tu dois trouver une solution pour moi. Je veux rester ici près de toi, y vivre, y travailler.

-- Je veux bien, mais que pourrais-tu faire ? As-tu une idée ?

-- J'aime le jardinage surtout et ensuite la poterie. Je peux faire des efforts pour m'améliorer et apprendre. Je suis prêt à tout pour que tu sois content de moi.

-- Je suis content de t'entendre parler ainsi. Tu te doutes que ce ne sera pas facile. Je dois en parler d'abord à la direction. Je ferai tout mon possible pour t'aider, je te le promets. Je l'ai dit à Gaëlle hier. Je vais t'emmener à ta chambre où tu vas essayer de dormir quelques heures ou au moins te reposer. Tu en as bien besoin.

     Dès que Jacques fut couché bien au chaud, Hubert redescendit à l'infirmerie téléphoner à ses parents pour les informer de la présence de Jacques à la Trémousse et de son désir d'y rester. Il promit de tout faire pour trouver une solution pour lui et demanda qu'ils veuillent bien faire porter ses vêtements, ses chaussures et objets personnels qui pourraient lui être utiles dont ses papiers. Il se rendit ensuite au bureau de Nicole pour lui exposer le problème qui se posait. Ils évoquèrent le cas de la jeune femme qui était en cuisine. Elle était arrivée, elle aussi, assez désorientée et était restée travailler là.

     Il suffirait d'étudier un projet solide et de s'y tenir. Jacques devrait y mettre du sien, montrer de quoi il était capable, se prendre enfin en mains.

 

(suite demain)

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Commentaires

Pauvre Jacques, deviendra-t-il Maitre Jacques ???
Bises

Ecrit par : Biche | 23.06.2008

Je pense qu'avec Hubert Jacques est bien pris en main et j'espére qu'il va s'en sortir Bonne journée bises

Ecrit par : lianne | 23.06.2008

Ces maisons sont mieux que celles des années 40, où les pauvres êtres étaient considérés comme anormaux, fous même !!

Ecrit par : patriarch | 23.06.2008

Juste un petit signe de ma part. Bisous. Monique

Ecrit par : monique | 23.06.2008

N'y a t-il pas un risque que Jacques soit si près de Gaelle? bon,comme dirait Crabillou,t'es con Heraime,tu sais bien que c'est pour de faux,un roman.Bises Aliette,j'attends la suite.

Ecrit par : heraime | 23.06.2008

j'suis pas trop feuilletons
mais je trouve l'exercice plein de courage
de créativité et de tenacité !
amitiès

Ecrit par : ventdamont | 23.06.2008

Je ne puis répondre à tous aujourd'hui car il est déjà 21 heures et je n'ai pas fini ma journée. Mais merci à tous et toutes de vos commentaires sur mon feuilleton qui va prendre fin avec la fin du mois de juin. Après, reprendront les divers sujets.

Bises à tous,

Ecrit par : Aliette | 23.06.2008

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