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31.10.2007

Députés

Hier, j'étais devant la télévision et je ne sais pourquoi, j'ai zappé sur la 3. Je suis tombée sur l'Assemblée Nationale et les questions au Gouvernement. J'ai très vite trouvé cela détestable. En effet, ils se conduisent si mal, gesticulant, faisant des gestes obcènes, huant celui ou celle qui parle. De plus, ils ont des faciès de forçats, on dirait des condamnés à mort qui attendent leur exécution. Devant ce charivari, je me suis demandé si j'étais dans une cour d'école, une manifestation, ou quoi !

Ces gens-là sont des élus du peuple. Donc à priori, des personnes éminemment respectables et que l'on pourrait supposer bien élevés, instruits, intelligents, utiles. Or, quand je les ai vus là, et surtout entendu le chahut qu'ils faisaient, j'étais plutôt persuadée du contraire. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser : "Eh bien ! Nous sommes bien représentés !"

Je ne peux pas m'empêcher de les comparer aux conducteurs de véhicules (hommes ou femmes) qui deviennent des loups dès qu'ils ou elles sont au volant. Plus aucune politesse, courtoisie, patience. Tout cela a disparu.

Que ces personnes entrent dans leur voiture ou dans l'hémicycle, c'est la même chose. Ils ou elles changent de visage et deviennent odieux, discourtois, voire même parfois, monstrueux. Ils peuvent en arriver à se battre et même plus, même pire. A l'Assemblée Nationale, cela s'est déjà vu.

J'ai entendu tout à l'heure à RMC Infos, un député qui disait : "Il faut une certaine élégance en politique."

Ah bon ! Mais où la mettent-ils leur élégance dans ces deux cas cités plus haut ?

Ceci est ma réflexion du jour et j'ai essayé de la rendre la plus fidèle possible avec ce que j'ai vu, ce que je vois tous les jours, aussi bien sur la façon dont les gens se garent, qui en dit long...

Bonne journée à tous et à toutes !

30.10.2007

Bordeluche

Dans notre parler bordelais on peut citer des termes de nourriture.

Nous avons :

la chocolatine : pain au chocolat

La ventrêche : poitrine de porc
La garbure : soupe de légumes et haricots blancs dans laquelle on ajoute un morceau d'oie, de canard ou de porc confit à la graisse.
Les tricandilles : tripes de porc
Le gratton : Miettes de viande de porc recueillie après avoir fait fondre le gras.
Le grenier médocain : ventre de porc poché au bouillon, roulé au poivre et servi dans sa gelée.
La mauguette : sauce avec ventre de mouton.
Le tourin : Soupe à l'oignon et fromage râpé que l'on prépare pour la porter aux mariés à la fin de la fête. Cette soupe finit également toutes les fêtes qui finissent très tard.

dans les légumes :

Les jouttes : les blettes
La doucette : la mâche
Les monges ou mongettes : haricots charentais
Panouille : épis de maïs

Pour le fromage :

Le croute-rouge : fromage de Hollande

Pour le poisson :

Trogues : les éperlans

Divers :

Tête-noire : cèpe de chêne à la tête marron foncé.

J'en ai peut-être oublié quelques-uns. Si cela me revient, je ne manquerai pas de vous en faire part.

Bonne journée aux prénommées Bienvenue, s'il en existe.

29.10.2007

Les amoureux de Peynet

Raymond PEYNET, qui mourut à Mougins à 90 ans, fut célèbre pour avoir inventé le couple d'amoureux au romantisme désuet qu'il créa à Valence en 1942.

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28.10.2007

Extrait

Tandis qu'il entendait sonner la demie de sept heures à l'église du village, Hubert amorçait les derniers lacets de la route menant à la Trémousse. La musique jouait à plein tube à l'intérieur de sa voiture et il chantonnait tout en battant la mesure sur le volant.
Le jour n'était pas encore levé. La nuit avait été froide sans toutefois atteindre les moins vingt degrés, et plus parfois, de l'hiver précédent. Ce fut à ce moment-là qu'il aperçut une masse sombre dans le repli d'un virage et qui pouvait être une forme humaine.
Il appuya à fond sur la pédale du frein, bien qu'il ne roulât pas très vite, et revint à l'endroit qui avait attiré son regard, d'une marche arrière vigoureuse. La route était sèche, il gara sa voiture le plus près possible du talus et descendit. Il vit alors la forme assise, recroquevillée sur elle-même.
Ce n'était rien d'autre que Jacques, violet, à moitié congelé. Il constata que c'était à cet endroit qu'il avait recueilli Gaëlle, le premier jour de son arrivée à la Trémousse. Curieuse coïncidence ! Il surnommerait cet endroit, désormais "le virage des miraculés..."
Hubert fit monter Jacques dans sa voiture bien chaude et repartit aussitôt jusqu'à la maison de repos. Jacques n'ouvrit pas la bouche, il était dans un sale état. Qui sait depuis combien de temps il était assis là à attendre dans la nuit froide et aussi peu couvert. Sitôt arrivé à l'infirmerie de la Trémousse, Hubert commanda du café brûlant, fit déshabiller Jacques et le mit sous la douche qu'il régla au plus chaud qu'il lui soit possible de supporter. Il le frictionna le plus bigoureusement qu'il put, le faisant hurler de douleur et le fit se rhabiller de vêtements chauds à lui, car Jacques n'avait aucune rechange, pas de papiers, rien.
Il lui donna le café brûlant, constata que son visage avait retrouvé une couleur normale et alors, il le conduisit jusqu'à son lit. Il eut la surprise de l'entendre demander :

-- Pourrais-je avoir un nounours ?

(Cet extrait est tiré de mon livre : "Et le ciel s'embrasa.")

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27.10.2007

LA ROSE ET LA VIOLETTE

La rose dit à la violette :
Pourquoi es-tu si timide ?
Sors un peu de ta cachette,
Ne reste pas dans l'herbe humide.

La violette répond à la rose :
La nature m'a faite ainsi,
Avec bonne raison je suppose,
Je me sens bien telle que je suis.

La rose rit de la violette :
Où tu es, personne ne te voit,
Mais le vent survient qui feuillette
Sa Majesté en grand émoi.

La violette dit à la rose :
A quoi te sert d'être perchée ?
Un chien arrive et la patte pose
Sur la pauvrette toute écrasée.

Qu'elle soit rose, qu'elle soit violette
Ici-bas, chacune d'elle reçoit
Ses atours en une palette
Que Dame nature lui octroie.

On ne peut comparer la rose,
Ses couleurs, parfums et maintien,
A la violette qui en dispose
Et sur ce, ne lui cède en rien.

A trop estimer, je regrette,
Mais à la fin rien ne s'oppose,
A aimer les roses violettes
Ainsi que les violettes roses !

Claude Munier

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25.10.2007

Le Grand Théâtre de Bordeaux

Depuis que Bordeaux a été nettoyé de tout ce noir qui s'était déposé sur les bâtiments, les monuments, partout, et notamment le Grand Théâtre, la ville est devenue claire, lumineuse et belle.

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N'est-il pas magnifique ?

18.10.2007

Lorsque l'enfant paraît

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.

Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre
Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre
Les chaises se toucher,
Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire.
On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère
Tremble à le voir marcher.

Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme,
De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme
Qui s'élève en priant ;
L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie
Et les poètes saints ! La grave causerie
S'arrête en souriant.

La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure
Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure,
L'onde entre les roseaux,
Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare,
Sa clarté dans les champs éveille une fanfare
De cloches et d'oiseaux.

Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine
Qui des plus douces fleurs embaume son haleine
Quand vous la respirez ;
Mon âme est la forêt dont les sombres ramures
S'emplissent pour vous seul de suaves murmures
Et de rayons dorés !

Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies,
Car vos petites mains, joyeuses et bénies,
N'ont point mal fait encor ;
Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange,
Tête sacrée ! Enfants aux cheveux blonds ! Bel ange
A l'auréole d'or !

Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche.
Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche.
Vos ailes sont d'azur.
Sans le comprendre encore, vous regardez le monde.
Double virginité ! Corps où rien n'est immonde,
Ame où rien n'est impur !

Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,
Ses pleurs vite apaisés,
Laissant errer sa vue étonnée et ravie,
Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie
Et sa bouche aux baisers.

Seigneur ! Préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis et mes ennemis même
Dans le mal trionphants,
De jamais voir, Seigneur ! L'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

Ce poème de Victor Hugo, en vue de la naissance du bébé attendu, chez mon fils, pour aujourd'hui ou demain.

17.10.2007

Les cagots

Hier j'ai parlé des Landes dans ce texte de "la cabane." Aujourd'hui je vais vous conter un peu l'histoire des "cagots" ces réprouvés des siècles passés.

Ces informations ont été relevées dans le livre de Madeleine MANSIET-BERTHAUD : le gardien des sables

Au XVIème siècle, Ambroise Paré avait écrit : "Dans la main d'un cagot, une pomme se dessèche aussi vite en une heure qu'elle ne le ferait en huit jours d'exposition au soleil." Un siècle après ce propos, ce préjugé marquait toujours la pensée du peuple.

Dans tout le bassin aquitain, les cagots exerçaient les métiers du bois. Etant notamment d'habiles charpentiers, ils étaient recrutés pour construire les plus beaux lieux de culte. Une fois l'édifice achevé, on condamnait l'accès de ces lieux à cette communauté de réprouvés, les obligeant à se tenir sous le porche pour prendre part aux offices religieux. Des années de lutte furent nécessaires de la part du haut clergé pour obtenir le droit de pénétrer dans ces lieux de prière. Encore étaient-ils tenus de rester groupés au fond de l'église et de n'y entrer que par une porte basse, ce qui les obligeait à baisser la tête. Ils avaient aussi leur bénitier afin d'éviter tout contact physique avec la population dite "saine."

Ils ne pouvaient se marier qu'entre eux. Etant considérés comme des êtres inférieurs, ils n'avaient pas droit à une messe. Seulement une bénédiction hâtive.

Que reprochait-on à ces gens ?

D'être les descendants de ces hordes qui, en un temps, déferlèrent sur l'Aquitaine, atteints de cette terrible maladie qu'est la lèpre ? Rien ne le prouvait, aucun d'eux ne présentant plus les signes d'une contamination qui n'aurait pu passer inaperçue. Mais la peur du mal était bien plus forte que la charité chrétienne. L'aspect sournois de la maladie, ses manifestations, effrayaient une population qui n'avait, pour s'en défendre, que ses prières. Pourtant, les landais d'origine n'étaient pas exempts de maux qui frappaient les plus affaiblis par une nourriture frugale. Ainsi la pellagre qui vous dessaichait un homme et le conduisait au tombeau aussi sûrement et plus rapidement que la lèpre dont on n'avait depuis longtemps recensé aucun cas.

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Le chant du dernier berger

Un chant très doux ce soir monte vers le village,
Et va gagner bientôt sa paisible harmonie ;
Je crois que les grands bois ont délégué leur mage,
Pour lancer le refrain de sa lente agonie...

Photo et poème ont été puisés dans le livre de Jean-André JEANNIN : Songes sur la Lande

16.10.2007

LA CABANE

Le lac était limpide, à peine effleuré par un souffle de vent. Il était très tôt en ce matin de mai, l'horizon se teintait tout juste de rose. Le bateau apponta doucement. Dom, le chien setter, avait déjà sauté, pressé qu'il était d'être au sol et de pouvoir courir et gambader.

Annielle descendit avec précaution, n'ayant pas trop le pied marin. Cela s'était bien arrangé avec le temps et l'habitude... Elle parcourut rapidement le ponton qui menait de la plage aux pins, afin de retrouver plus vite l'odeur très particulière du sous-bois landais, et de rattraper Dom qui avait pris une certaine avance. Cette odeur lui montait aux narines et l'emplissait de bonheur. Elle la huma avec délices, la respira à pleins poumons.

Elle marcha tranquillement tout d'abord dans l'aube naissante, profitant pleinement de cette clarté nouvelle qui s'infiltrait peu à peu entre les branches et au coeur des fourrés faisant étinceler les gouttes de rosée posées ça et là. L'air était frais et parfumé jusqu'à la griser. Puis elle se mit à courir en longues foulées légères favorisées par le moelleux tapis de mousse. Dom galopait devant elle à vive allure. Le ciel s'éclaircissait sur le lac. Le soleil, encore voilé à l'horizon, allait devenir lumineux. Il ferait une belle et chaude journée.

Elle courait toujours mais, tout à coup, ralentit le rythme. Devant elle, à gauche, Dom était arrêté devant un chemin, il l'attendait. Elle s'arrêta aussi car ce chemin l'attirait et l'invitait en quelque sorte. Elle hésita un instant et en profita pour tourner son regard vers le bateau. Il était loin de sa vue déjà mais elle vit que Maurin pêchait tranquillement. Il ne trouverait pas le temps long dans ce cas pensa-t-elle !

Elle se décida donc à y aller. Dom n'attendait qu'un signe pour s'élancer aussi. Le chemin montait, tournait, montait et tournait encore, si bien que l'on ne pouvait voir où il menait. La montée était raide, aussi stoppa-t-elle un instant. En tournant la tête, elle vit le lac tout en bas derrière un rideau de grands pins. La lumière était vive à cet instant. Elle gravit encore quelques mètres et déboucha enfin sur un plateau. Là, devant ses yeux éblouis, s'élevait la cabane, celle de ses rêves. La cabane de rondins, en plein milieu des hauts pins, des vieux chênes et des bosquets d'yeuses. La cabane au charme mystérieux semblait l'appeler.

Annielle resta quelques secondes sans bouger, clouée au sol. Puis elle s'approcha à pas de loup comme une intruse risquant d'être prise en flagrant délit. Tout était calme, les volets étaient fermés, pas de voiture devant la porte, pas une âme qui vive là sauf l'âme enchantée de la forêt peuplée de solitudes et de fines clartés.

Elle s'assit sur le banc de pierre qui s'offrait à elle au milieu des fougères. Dans ce grand silence souverain, elle ferma les yeux pour écouter les mille petits bruits à peine perceptibles et se mit à rêver...

Texte écrit par moi-même il y a une dizaine d'années.

Je voulais vous en faire profiter car je le trouve assez joli. Vous plaira-t-il ?

15.10.2007

Bordeluche

Le Bordelais, mais pas celui des quartiers chics de Bordeaux qui parle un langage châtié avec un accent "pointu."

Non ! C'est celui qui parle le Bordeluche, ce sabir urbain "porté en ville" par les Landais, Périgourdins, Lot et Garonnais, Espagnols... C'est une mesclagne, un brassage de mots sur fond de sauce gasconne, majoritairement.

Mais, les Bordelais, les Girondins ont perdu leur gascon en route comme beaucoup perdent leur latin (si important pour mieux comprendre les mots et leur racine.) Ces mots, qui résistent encore aujourd'hui à l'oubli, sont les derniers signes visibles - pour combien de temps ? - d'une langue perdue. Le Bordeluche leur maintient la tête hors de l'eau. Ils sont la mémoire d'une rue, d'un quartier, d'une ville. Ils patrouillent nos souvenirs, bivouaquent dans nos mémoires. Ils échappent au prêt-à-penser.

Terme générique du Bordelais (construit sur schéma argotmuche parlant le langage local.) Apparition de ce terme avant la première guerre mondiale. Avant cela, le langage local était nommé pichadey

PICHADEY n.m. (origine gasconne)

Le monticule. Celui en particulier sur lequel a été édifié la flèche. C'est aussi le nom de l'ancienne rue des Faures (Louis Desgraves Evocation du vieux Bordeaux .) Situés en plein quartier populaire, monticule et rue réunis, désignent sous le terme de pichadey, le langage de ce quartier au vocabulaire "qui fait parfois sursauter d'horreur l'oreille délicate et non prévenue" (Jean Balde La maison au bord du fleuve.)

Le pichadey était donc la langue de ce Bordeaux populaire, fortement mâtinée de gascon. Difficile de dater le Bordeluche. Cependant, en 1932, à la Scala, on note la représentation d'une farce-opérette :
Les Bordeluches au 7ème ciel et peu de temps avant Tout pour les Bordeluches.

Surnom donné aussi par les gens de la lande girondine aux gens du pays viticole girondin selon Palay. "Combinaison" de type primitif des apports incessants de l'émigration anglo-allemande, de l'infiltration "charento-perigordo, lanusco, bearno, tolasso, hispano-ariégeoise."

C'est à cette chimère ethnologique, à cet ornithorynque social que l'étiquette pichadey doit être appliquée (G. Duprat 1901.)

Tiré du Grand Fagnas écrit par Guy Suire "petit précis du parler girondin."

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